INTERVIEW

all is love you need

Une pièce à ne pas manquer au Festival off d’Avignon. Un comédien sur scène et une musicienne qui joue en live ! La mise en scène créée par Pierre Azéma et Alex Metzinger est précise le texte est issu d’une histoire vraie. On peut pas le décrire il faut le ressentir assis dans la salle. Dès le début la musique emporte le texte et le texte emporte la musique. Nous spectateur on se retrouve devant cette scène où ce qui s’y passe nous emmène loin, très loin l’émotion est là . On rit . On est ému puis la fin arrive et c’est passé trop vite . On avait envie de rester là et de savourer encore et encore parceque ça fait du bien au cœur de découvrir cette création et parceque nous avons tous besoin d’amour ! L’amour guéri les blessures et la musique aussi guéri les blessures du cœur et de l’âme . Je vous conseille vivement d’aller au théâtre Roseau pour applaudir ( 13, love is all you need).

Interview de Pierre Azema

 

La pièce “13, All need love”

au Festival Avignon le Off

 

celine pilati pieere azema bruno daviot

Céline Pilati :  «Monsieur Azema, double actualité cette année à Avignon, en plus de Fausse note , vous êtes le metteur en scène de la pièce « 13, all need love ». »13″  c’est quoi ? »

-Pierre Azema : « 13 », c’est l’adaptation d’un roman, qui s’appelle, Le livre que je ne voulais pas écrire, de Erwan Larher. Qui est un romancier, passionné de rock et qui se trouve le 13 novembre au Bataclan, qui est blessé, grièvement, à la fesse gauche. Qui s’en sort, qui fait parti des rescapés et auxquels tous les proches, demandent de témoigner, en tant que romancier. Mais lui, sa seule vraie obsession, là, à ce moment-là, c’est « est-ce que je vais rebander un jour ». Et cette question, qui paraît comme ça, un petit peu anodine et qui ne l’est pas du tout, quand on y réfléchit un petit peu, ça ne l’est pas du tout, mais paraît un petit peu futile, par rapport à l’événement dans lequel il a été. Ça va lui permettre de partir en introspection, d’aller interroger les gens autour de lui, pour voir, comment ils ont vécu cette nuit. S’apercevoir que lui, n’a pas pensé à eux, quand il était dans le Bataclan, parce qu’il essayait de survivre tout simplement. Alors que tout le monde autour, pensait à lui et qu’est ce qu’il vivait. Et tout ça va faire que ça va bouleverser sa vie et dans le bien. En tout cas, Erwan maintenant vit, et il est plus heureux que jamais.

Céline P. : Donc finalement, il est plus heureux, après le Bataclan que avant ?

-Pierre Azema: C’est toujours difficile de dire qu’il est plus heureux après qu’avant et que c’est grâce au Bataclan qu’il le serait. C’est pas aussi…

-Bruno Paviot : Un petit peu, pardon d’intervenir, car j’ai vu la pièce, j’ai vu le spectacle. C’est dans le texte, si j’ai bien tout compris, tu me reprendras, je parle sous ton contrôle Pierre. Le fait de travailler sur lui, pour dépasser le choc traumatique de ce qu’il a vécu au Bataclan, notamment pour pouvoir en parler à ses proches, qui avaient besoin qu’il leur parle, qu’il a travaillé sur lui et le fait de travailler sur lui, fait resurgir des choses qui remontent à bien avant et du coup, par l’intermédiaire de ce choc traumatique, il va pouvoir travailler sur ces choses et du coup, devenir enfin heureux.

-Pierre Azema: Alors là, c’est magnifique. Non mais vraiment. C’est exactement ça qu’il se passe. Donc c’est pas grâce au Bataclan. C’est grâce au travail qu’il fait sur lui après le Bataclan. Il va arriver à surmonter tout ça et effectivement être plus heureux mais il n’était pas malheureux avant. Mais il n’était pas accompli, il était pas entier. Ça va lui permettre d’être entier et maintenant il est réellement entier. On l’a vu nous, pour la première à Paris, la première à Avignon. Et il est entier, heureux, et pleinement heureux du spectacle.

Céline P.: Donc là, vous en êtes le metteur en scène (à Pierre). Qu’est ce qu’il vous a poussé à faire justement, la mise en scène de cette pièce ?

-Pierre Azema: C’est vraiment le type de spectacle que je voulais mettre en scène, si un jour je refaisait une mise en scène, ce que je fais très rarement. Parce que justement, le fait de travailler sur soi, comme dit Bruno, enfin, les événements lui permettent de travailler lui. Ils sont durs, ils sont souvent pas faciles à vivre sur le coup. Et si on travaille dessus, ça ne sera que meilleur après. Et, voilà, ça faisait parti des choses que j’ai vu dans le bouquin et qui m’ont intéressé à mettre sur scène. En espérant qui viennent voir, que ce soit un petit événement ou un grand, ça n’a finalement pas tant d’importance que ça. Par exemple, je pense que le confinement a pu être quelque chose, comme une déflagration immense pour des gens et que en travaillant dessus, on peut s’en sortir, bien plus entier que ce qu’on était avant. Et si ce spectacle donne cet espoir -là, c’est que mon objectif sera atteint.

Céline P.: Ce qui ne tue pas, nous rend plus fort, donc ?

-Pierre Azema: Exactement.

Céline P. : Merci beaucoup.

-Pierre Azema: Merci à toi.

Interview réalisée par Céline Pilati – Texte et photos par Céline Pilati

cuisine interne festival la rochelle celine pilati